Notre vision

Fonder ou refonder des communautés chrétiennes vivantes

En France, de larges zones se trouvent aujourd’hui désertes du point de vue de la foi. La déchristianisation progresse : un Français sur deux déclare ne pas avoir de religion et moins de 5% des Français ont une pratique catholique régulière¹.

La France peut être considérée pour une part comme une terre de mission et même de première évangélisation dans de nombreux territoires². C’est-à-dire qu’il y a besoin non pas d’une ré-évangélisation des baptisés, mais d’une mission qu’on pourrait appeler ad gentes : à des personnes qui n’ont jamais entendu parler de la foi chrétienne.

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Parallèlement à ce mouvement de déchristianisation, on observe aujourd'hui un phénomène nouveau : de nombreuses personnes, particulièrement des jeunes, se tournent vers l’Église catholique et demandent, certains le baptême, d’autres la confirmation. Ce mouvement, qui va en s’amplifiant, donne un élan nouveau à certaines communautés paroissiales déclinantes et vieillissantes.

Mais une question demeure : comment propager le feu et le dynamisme de certaines paroisses à d’autres, comment étendre ce renouveau à des lieux qui ne sont pas encore touchés ? L’implantation d’église a pour vocation de répondre à cette problématique.

¹ Données 2025 de l’Ifop https://www.ifop.com/article/observatoire-du-catholicisme/
² Henri Godin et Yvan Daniel, La France, pays de mission ?, Ed. Robert Dumont,  1943.

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des français déclare ne pas avoir de religion

< 5%

ont une pratique catholique régulière

+28%

de baptêmes d'adultes en 2026 en France

La réponse missionnaire

Comment faire renaître des paroisses désertées, sur le déclin ?

Le principe de l’implantation d'église (plantatio ecclesiae) est simple : il s’agit de réimplanter des paroisses dans des lieux sans fidèles, mais aussi de revivifier des communautés sur le déclin. Dans les deux cas, on repart pour ainsi dire de zéro. 

Cela se fait en envoyant à partir des paroisses les plus dynamiques des équipes formées ayant pour mission de réimplanter des communautés vivantes là où il n’y en a plus.

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Et concrètement ?

Trois manières d’implanter.

Il faut constituer et former une petite équipe missionnée par la paroisse-mère pour un but précis : faire naître ou renaître une communauté chrétienne (au sens de groupe de fidèles) sur un lieu identifié.

Les projets prennent des formes différentes selon les besoins du territoire. Ils nécessitent tous une préparation, une formation spécifique et un accompagnement dans la durée.

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Fonder

Créer une nouvelle paroisse à partir de zéro (paroisse-fille), par exemple dans un quartier nouveau où aucune communauté chrétienne n’existe encore.

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Refonder

Faire renaître une communauté de priants dans une église ou une chapelle désertée, ou accompagner une paroisse en grande difficulté.

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Rejoindre

Lancer un groupe de fidèles sur un lieu de travail, auprès d’étudiants, dans un café, dans de nouveaux lotissements ou dans un territoire rural.

Une démarche ancienne pour un défi nouveau

Un enracinement catholique

La plantatio ecclesiae plonge ses racines dans la tradition missionnaire catholique. Dans celle-ci, l’expression plantatio ecclesiae désigne le travail des missionnaires consistant à faire naître des diocèses dans les continents de première évangélisation, où l’Eglise n’a pas encore atteint sa pleine maturité. C’est ce qu’on appelle la mission ad gentes.

“La fin propre de cette activité missionnaire est l’évangélisation et l’implantation de l’Église (plantatio ecclesiae) dans les peuples ou les groupes humains dans lesquels elle n’a pas encore été enracinée.”

Concile Vatican II, Ad Gentes n°6, Décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise (1965)

Des apôtres aux projets
pastoraux d’aujourd’hui

Premières communautés chrétiennes, fondations monastiques, mission ad gentes, renaissance de communautés locales : l’Église a toujours envoyé des missionnaires pour semer largement. La mission ne consiste pas à importer un modèle étranger, mais à redécouvrir une dynamique inscrite dans l’histoire de l’Église.

Le Concile Vatican II fournit de très nombreuses références à ce sujet dans la Tradition de l’Eglise.  En savoir plus

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Point vocabulaire

Implantation, refondation, « church planting », plantatio ecclesiae : de quoi parle-t-on ?

Ces termes désignent une même réalité : fonder ou refonder des paroisses et des communautés chrétiennes dans des lieux où elles n’existent pas ou plus.

Le terme “implantation d'Église” est une traduction de plantatio ecclesiae, notion traditionnelle catholique qui désigne la fondation de diocèses et de paroisses dans les régions de première évangélisation. Dans les milieux anglophones, on parle de “church planting”.

Ici, nous utiliserons le terme “implantation d’église” dans le sens de fondation, ou de refondation, revitalisation de paroisses : l’effort de faire naître ou renaître des paroisses au sens de communautés chrétiennes.

FAQ

Questions fréquentes

Maintenant que vous avez découvert les bases de l’implantation d’église, il est normal d’avoir des questions. Voici les réponses aux interrogations les plus fréquentes pour vous aider à mieux comprendre la démarche.

"Cela semble protestant, pas adapté à l’Église catholique"

Cette démarche missionnaire est profondément ancrée dans notre Tradition : de l’instauration des premières communautés chrétiennes par les apôtres à la fondation de monastères ayant permis l’essor de la chrétienté dans tout l’Occident, jusqu’aux fruits innombrables de la mission ad gentes, l’implantation d’église a toujours fait partie de l’ADN catholique. Le Concile Vatican II fournit de très nombreuses références à ce sujet dans la Tradition de l’Eglise.

Rappelons-nous aussi que toutes nos paroisses ont été un jour construites et fondées, parfois au prix de grands efforts (prière, travail pastoral ardu, coût financier important…). C’est dans cette longue tradition que l’implantation d’église s’inscrit.

"Pourquoi ces nouveaux lieux attireraient-ils davantage de fidèles que nos paroisses actuelles ?"

Rendre nos paroisses plus vivantes et accueillantes est essentiel, mais cela ne suffit pas toujours pour rejoindre les personnes éloignées de la foi chrétienne.

Dans les territoires où l’Église n'a plus de relais, la fondation de nouvelles communautés chrétiennes permet de rejoindre les gens directement là où ils vivent.

Plus souples et plus ouvertes vers l’extérieur, ces nouvelles communautés peuvent mieux répondre aux besoins locaux. Leur taille facilite également l’accueil des nouveaux venus, leur intégration et leur prise de responsabilités. Elles constituent donc une réponse crédible au défi missionnaire actuel.

"Ne risquons-nous pas d’éparpiller des forces déjà limitées ?"

Il ne s’agit pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul. De tout temps, l’Eglise a vécu cette tension : servir ses fidèles et/ou envoyer des missionnaires au loin. Elle a toujours voulu tenir les deux, même au prix de renoncements. L’implantation suit dans un premier temps une logique sacrificielle, puisqu’une paroisse se prive de ses fidèles les plus dynamiques pour fonder une autre communauté. Mais c’est la logique du sacrifice du Christ, source de toute fécondité !

L’enjeu est de continuer à revitaliser nos paroisses tout en lançant de nouvelles églises pour toucher le plus de personnes possible.  L’expérience montre que les églises nouvellement implantées suscitent des forces vives : une nouvelle église attirera 6 à 8 fois plus de nouveaux membres (ne fréquentant aucune paroisse auparavant)  qu’une église plus ancienne⁵.

On peut citer Saint Paul, patron des implanteurs : “À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement” (2 Cor 9,6).

⁵ National Church Planting Network Scoping Research February (2022)

"Comment lancer de nouvelles missions avec la pénurie de prêtres ?"

Ce problème se pose déjà dans de nombreux territoires et se posera de plus en plus dans les années à venir. Il nous oblige justement à repenser nos modèles d’églises pour que nos prêtres puissent continuer à assurer leur mission sacramentelle et que l’Evangile puisse continuer à être proclamé. Dans les projets d’implantation, les laïcs sont très impliqués et coopèrent efficacement avec les prêtres.

"Cela ne risque-t-il pas d’affaiblir les paroisses déjà installées, qui luttent pour leur survie ?"

L’expérience montre que la paroisse-mère, même si elle consent à un sacrifice en envoyant des fidèles en mission, est finalement dynamisée et revitalisée. Les autres paroisses présentes à proximité sont souvent elles aussi renouvelées par cet élan missionnaire. Il n’y a pas de mise en concurrence mais plutôt un élargissement du souci missionnaire.

"Parler de croissance et de stratégie, n’est-ce pas traiter l’Église comme une entreprise ?"

Bien sûr, l’Eglise n’a rien à voir avec une start-up, et les fruits de la mission sont par nature difficiles à évaluer. Les objectifs et plans d’actions servent simplement à mieux piloter nos projets ecclésiaux : ce sont des outils, pas des finalités. Il s’agit d’honorer les deux grandes dimensions de la théologie pastorale : la nature et la grâce. Du côté de la nature, les outils humains. Du côté de la grâce, la prière et l’offrande de nous-mêmes. Sachant qu’en définitive, c’est Dieu qui donne la croissance.

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Semer largement, pour faire renaître des communautés vivantes.

Vous souhaitez vous former à l’implantation d’église, en savoir davantage sur la démarche ou discerner un projet ?